Carnet de Lecture

Mes dernières lectures

28 avril 2018

Bienvenue sur ce premier article! J’appartiens à l’espèce des rats de bibliothèque et pour cette raison j’ai choisi de débuter en vous parlant de mes dernières lectures, à savoir: un roman historique, un polar scandinave et un essai consacré à l’espace domestique (mais pas que!).

Je porte une affection particulière aux livres qui permettent d’accéder à la connaissance, à une langue, à une vision du monde, mais aussi et surtout de s’évader. Étrangement, ce sont les seuls objets pour lesquels je n’ai aucune « culpabilité » ou contrariété à dépenser de l’argent. J’aime les regarder, humer l’odeur de l’encre sur les pages et savoir qu’un jour je pourrai les relire ou les prêter à quelqu’un. Les avides lectrices et lecteurs se reconnaîtront certainement.

Je choisis toujours mes lectures avec soin car je veux être certaine d’aimer autant le fond que la forme dès les premières pages. Si ce n’est pas le cas, et cela arrive heureusement rarement, je ne me force pas. Soit ce n’est pas le bon moment pour le lire, soit je le donnerai à quelqu’un. Vivre en Angleterre m’a compliqué la tâche puisque je suis désormais obligée d’acheter la plupart de mes livres sur internet, impossible donc de les feuilleter avant de les acquérir. Je me fie généralement aux critiques et aux recommandations de mes proches lorsqu’il s’agit d’un/e auteur/e que je ne connais pas. Certes, je pourrais lire en anglais, mais je n’y prends pas le même plaisir que dans ma langue maternelle.

Revenons maintenant à nos moutons. Les trois lectures dont nous allons parler aujourd’hui reflètent mes récentes envies littéraires et j’espère que cet article vous donnera envie de les lire aussi!

Un roman de Ken Follet, un roman de Camilla Lackberg et un essai de Mona Chollet sur de la moquette avec des plantes succulentes

La Princesse des Glaces – Camilla Läckberg ~

Résumé: La Princesse des Glaces est le premier opus de la série de romans policiers de l’écrivaine suédoise Camilla Läckberg. On y suit Erica Falck, une trentenaire auteure de biographies qui retourne s’installer dans la petite ville où elle a grandi sur la côte ouest de la Suède. Peu de temps après son arrivée, on découvre le cadavre de son amie d’enfance aux poignets tailladés dans une baignoire d’eau gelée. Convaincue qu’il ne s’agit pas d’un suicide, Erica se retrouve impliquée dans l’enquête aux côtés de son ancien amour de jeunesse, l’inspecteur Patrick Hedström.

Mon avis: Premier roman scandinave à rejoindre ma bibliothèque, La Princesse des Glaces fut une lecture agréable et divertissante. D’abord parce que le personnage principal qui mène l’enquête est une femme, ce qui n’est pas courant dans la littérature policière. Ensuite, car les personnages sont globalement bien construits, sympathiques et parfois complexes dans une petite communauté où les apparences sont souvent trompeuses. Le récit alterne entre les points de vue des différents protagonistes, ce qui insuffle du rythme à la narration et permet de se sentir plus proche de chacun d’eux. Les deux personnages principaux, Erica et l’inspecteur Patrick Hedström, sont attachants et au fil des pages on prend plaisir à voir se raviver la flamme de leur amour de jeunesse. Malgré quelques passages un peu mièvres, cette idylle naissante apporte une touche de gaieté à l’ensemble plutôt pesant.

J’ai aussi apprécié de me plonger pour la première fois dans un décor scandinave, au cœur de la petite ville tranquille et bourgeoise de Fjällbacka. Cela dit, même si je visualisais assez clairement cette bourgade en bord de mer, il manquait une description plus approfondie de l’environnement et de l’atmosphère qui y règne pour que je m’y sente totalement happée.

L’enquête sur la mort d’Alexandra Wijkner, l’amie d’enfance d’Erica, est bien menée avec les ingrédients nécessaires pour passer un agréable moment de lecture. Petit à petit se dévoilent les liens obscurs entre les protagonistes, les secrets enfouis et le personnage énigmatique de la victime que personne ne semblait vraiment connaître. Si cette enquête n’est pas très originale pour le genre et l’action parfois un peu lente, Camilla Läckberg maintient habilement le suspense avec plusieurs rebondissements qui m’ont donné envie de tourner les pages pour avoir le fin mot de l’histoire.

Une lecture plaisante, simple et prenante que je recommande aux amatrices et amateurs de polars, même si on notera quelques ficelles un peu grosses. Je viens d’ailleurs de me procurer le second tome de la série intitulé Le Prédicateur. Affaire à suivre…

Note: 3,5/5

Chez Soi. Une Odyssée de l’Espace Domestique – Mona Chollet ~

Résumé: Mona Chollet, journaliste et cheffe d’édition au Monde Diplomatique, propose ici un essai ayant pour thème central l’espace domestique et la manière dont il est perçu dans notre société où argent, travail et productivité sont les maîtres mots. Vouloir rester chez soi revêt généralement une connotation négative car cela reviendrait à ne rien faire ou à se montrer individualiste, voire même peu curieux/se. Pourtant, c’est avant tout le seul lieu où l’on peut véritablement se ressourcer, se sentir protégé, réfléchir ou rêver, en s’éloignant temporairement de la frénésie du monde extérieur. L’auteure y explique également pourquoi ce monde extérieur n’est jamais très loin, ainsi que les difficultés à trouver un logement décent ou encore à profiter de cet espace alors que le travail accapare le plus clair de notre temps. Enfin, elle aborde des sujets corollaires tels que la vision archaïque du rôle de la femme au sein du foyer, l’exploitation des plus défavorisé/es, les nouveaux modèles familiaux ou encore l’architecture pour concevoir de nouvelles politiques de l’espace.

Mon avis: Autant le dire tout de suite, j’ai été passionnée par cet essai du début à la fin et j’ai profité de chaque petit moment de mes journées pour en dévorer quelques pages. Étant de nature introvertie et casanière, je me suis reconnue dans les propos de l’auteure concernant le besoin de repli chez soi dans une bulle protectrice. J’adhère bien sûr à l’idée que passer du temps dans cet espace ce n’est pas ne rien faire, alors pourquoi vouloir l’associer à la paresse et à l’enfermement? C’est une source de bien-être, de créativité et de contemplation pour peu que l’on se défasse de cette image négative, productiviste et culpabilisante.

Au travers de problématiques individuelles et collectives, cet essai offre une critique des dérives de la société capitaliste qui privilégie le profit à l’Humain. Mona Chollet y aborde des sujets qui me touchent ou m’interrogent, en particulier les questions d’inégalités sociales et de genre ainsi que le rapport au temps – ou plus précisément au manque de temps –  et au travail. J’ai parfois éprouvé de la tristesse et de la révolte au cours de cette lecture mais également un certain optimisme car rien n’est inéluctable. J’ai aussi et surtout ressenti l’envie de remercier Mona Chollet pour sa réflexion riche d’enseignements, drôle parfois et toujours percutante.

Loin d’être un essai pompeux, l’auteure rend ses propos accessibles et concrets au travers de sa propre expérience et de références culturelles multiples empruntées à la philosophie, l’architecture, le cinéma, l’économie, la littérature, le journalisme et tant d’autres encore.

Je recommande donc à 100% la lecture de cet essai qui je l’espère enrichira votre réflexion autant que la mienne.

Note: 5/5

Une Colonne de Feu – Ken Follett ~

Résumé: Après les deux premiers tomes de sa saga historique, Les Piliers de la Terre et Un Monde Sans Fin, Ken Follett fait voyager ses lecteurs dans l’Angleterre du XVIème siècle au temps des guerres de religion entre catholiques et protestants. Elisabeth Ire, pieuse protestante, accède aux trône et devient la cible des catholiques de toute l’Europe. Tandis que les complots se multiplient, elle crée les premiers services secrets anglais destinés à enrayer toute tentative de rébellion. En particulier en France, où Marie Stuart bénéficie du soutien des catholiques qui la considèrent comme l’héritière légitime de la couronne.

Le roman débute à Noël 1558 lorsque le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge après une année passée dans le nord de la France. Dans cette ville, les tensions religieuses prennent progressivement de l’ampleur et alors qu’il tente de renouer avec sa bien-aimée, Margery Fitzgerald, leurs familles se retrouvent dans des camps adverses. Peu après, Ned entre au service de la reine Elisabeth qui l’envoie en France en mission d’espionnage. Il y fait la connaissance d’une courageuse libraire protestante, Sylvie Palot, qui ne le laisse pas indifférent.

Durant près d’un demi-siècle se jouera une violente bataille entre les partisans de la tolérance et les fanatiques religieux, qui nous transporte de l’Angleterre à la France et de l’Espagne aux Pays-Bas, au rythme des complots, passions et jeux politiques.

Mon avis: Je suis une fan (presque) inconditionnelle de Ken Follett depuis Les Piliers de la Terre, qui reste l’un de mes romans préférés à ce jour. Le hasard a fait que j’habite aujourd’hui dans une région de l’Angleterre où se situe une partie de l’intrigue, ce qui a ravivé mon envie de le relire avec un regard nouveau. J’avais cependant été légèrement déçue par Un Monde Sans Fin, qui à mon sens n’était qu’une seconde version édulcorée des Piliers de la Terre.

Pour se plonger dans Une Colonne de Feu, il n’est pas nécessaire d’avoir lu les précédents, bien qu’une partie de l’histoire se situe là encore dans la ville de Kingsbridge. Comme toujours pour ses romans historiques, Ken Follett s’est minutieusement documenté sur l’époque en s’entourant d’historiens et en se rendant en personne sur certains des lieux représentés au cours du récit. Son travail de recherche est d’une précision incomparable et cela se ressent à ses descriptions détaillées que je n’ai jamais retrouvées chez un autre auteur. En mêlant personnages et évènements historiques et imaginaires, il réussit à rendre vivante une époque et c’est ce qui constitue l’une de ses plus grandes forces. On assiste entre autres au massacre de la Saint-Barthélemy et à la conspiration des poudres de Guy Fawkes. Sa plume érudite a su me transporter au cœur de cette lutte acharnée où chacun, bon ou mauvais, tente de tirer son épingle du jeu. Au travers des destins croisés des protagonistes, on parcourt l’Europe et les océans jusqu’aux Antilles, ce qui offre une vue imprenable sur le contexte religieux et politique de l’époque.

Ken Follett orchestre parfaitement la multitude de personnages que l’on suit un à un au cours des chapitres et auxquels il donne corps de manière remarquable et tout en nuances, depuis leur adolescence jusqu’à leurs derniers jours. Ce que j’apprécie beaucoup chez cet auteur, c’est sa capacité à offrir une narration fluide dans un univers dense qui pousse à tourner les pages sans même s’en rendre compte.

J’ai passé de très bons moments à lire ce roman et je le conseille sans hésitation, même si selon moi il n’égale pas Les Piliers de la Terre qui reste l’œuvre majeure de Ken Follett.

En définitive, si vous aimez les romans historiques et les pavés – il fait un peu plus de 900 pages – alors Une Colonne de Feu est certainement à mettre sur votre liste de lecture.

Note : 4/5

Avez-vous lu l’un de ces livres?

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